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2009 : l’odyssée du PSE
1/06/2009

Puisqu’il existe un tel décalage entre la campagne telle que je la vis de l’intérieur et telle qu’elle est présentée par les médias, comme je l’ai décrit ici et , je vais essayer de rétablir l’équilibre, ne serait-ce qu’un peu, en vous contant la campagne à travers les yeux d’une militante eurosocialiste.

Le Parti socialiste européen prépare ces élections depuis maintenant presque deux ans. Deux ans de consultation, de débat et d’action. Deux ans à essayer d’obtenir l’attention des 27 presses nationales, en vain. Deux ans de dur labeur pour constater au final que les médias nationaux ne commencent réellement à parler des élections européennes que deux semaines avant le scrutin. De quoi mettre en colère de nombreux militants du PSE (voir notamment le blog de chourka et ses coups de gueule réguliers à ce sujet).

Le manifeste du PSE pour les élections européennes est le fruit d’une démarche inédite en Europe. Ce texte est le résultat d’une démarche démocratique, élaboré du bas vers le haut, et non du haut vers le bas comme cela se fait encore dans les autres partis européens.

Pendant près d’un an, d’octobre 2007 à juillet 2008, le PSE a mené une consultation ouverte et transparente des militants, des associations et des syndicats sur quatre thèmes centraux qui devaient former les axes de campagne du PSE pour les élections européennes de 2009. Les militants, réunis en groupes locaux, ont débattu pendant des mois afin de rédiger des contributions au futur manifeste du PSE. Le site Your Space a aussi innové en la matière. Les internautes – militant du PSE ou pas – y étaient invités à déposer des articles ou des commentaires sur les thèmes de la consultation. A tout cela, j’ai participé. Le résultat ? Pour la première fois, un texte commun à tous les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes d’Europe, un manifeste du Parti socialiste européen qui expose nos valeurs, détaille les six axes principaux de nos actions futures, et élabore 71 propositions concrètes pour donner une nouvelle direction à l’Europe.

Un manifeste ambitieux, une démarche inédite, transnationale et démocratique. Bref, du jamais-vu.

En décembre 2008, ce manifeste a été adopté au conseil du PSE à Madrid à l’unanimité des partis membres (voir vidéo). J’y étais aussi. Et ce moment-là m’a donné des frissons d’émotion. Avec les centaines de militants du PSE qui étaient présents, j’ai partagé le sentiment que l’adoption de ce manifeste était le symbole émouvant de ce que nous étions en train de construire : une force politique paneuropéenne, qui forte de ses militants et au-delà des différences linguistiques et culturelles, réussit à élaborer et à porter un projet commun. Ensemble, unis. Émouvant.

Quelle n’a pas été ma déception quand, de retour chez moi, j’ai consulté la couverture médiatique de l’évènement par les grands journaux français. Ce qui était un évènement majeur, une tentative inédite de politiser les décisions prises en Europe, n’était présenté qu’à travers la participation de la toute nouvelle première secrétaire du PS français, Martine Aubry. Effectivement, Martine a reçu des applaudissements chaleureux mais elle n’était qu’une des chefs de parti parmi les 27 présents. Dans tous les cas, l’important n’était pas sa participation et l’accueil qui lui a été fait. L’important c’était l’adoption d’un manifeste commun à tous les partis de centre-gauche d’Europe, et la manière dont nous y étions parvenus. Mais ça non, au regard des médias nationaux, c’était anecdotique.

Autre chose suffisamment innovante pour être remarquée, le PS français a épousé la campagne du PSE : son manifeste, ses slogans, son identité visuelle, ses logos. Le PS a choisi de lancer sa campagne en même temps que le PSE en avril à Toulouse. A cette occasion toutes les têtes de liste PSE des 27 Etats membres de l’UE s’étaient retrouvées lors d’un évènement bilingue français-anglais. L’enthousiasme de la foule, et la multitude de nationalités qui y étaient représentées par la variété des drapeaux qu’elle agitait, faisait plaisir à voir. Cet évènement, on en a un peu entendu parler. Je dis « un peu » car, une fois de plus, les faits ont été traités sous l’angle national : il s’agissait du lancement de la campagne du PS, avant d’être celle du PSE. En réalité, c’était l’inverse.

Mois de mai, dernière ligne droite. Chaque samedi s’est tenue une journée d’action commune où partout en Europe les militants des partis membres du PSE ont organisé des évènements le même jour, sur un même thème : le 9 l’Europe sociale, le 16 le changement climatique, le 23 la relance de l’économie, le 30 notre manifeste. En lisant les commentaires twitter rédigés en direct par nos militants sur les évènements auxquels ils prenaient part, en regardant les photos de ces actions sur flickr et le sentiment d’unité qu’elles évoquent, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a quelque chose de réellement innovant et unique dans la campagne 2009 du PSE. Un manifeste commun à 27 pays élaboré de manière démocratique, la mobilisation enthousiaste des militants partout en Europe, l’utilisation des derniers outils internet comme moyen de dépasser la distance sont autant de caractéristiques qui auraient dû retenir l’attention des médias et autres commentateurs.


1 commentaire  
  • Lierdeman Jean-Louis writes:
    February 5th, 2010 at 15:15

    délégué fédéral Europe, Fédé du Tarn, militant PSE depuis oct 2006,
    j’adhère sans avoir à en changer un mot, à l’ensemble des textes présentés sur ce blog que je viens de découvrir, et tout particulièrement à “2009:l’odyssée du PSE”; je partage tout spécialement le jugement porté sur les médias et sur leur incapacité à mesurer ce qui s’était passé lors du Conseil de Madrid (j’avais alors adressé une lettre à la médiatrice du Monde , à l’attention du correspondant à Madrid, qui n’y avait rien vu d’autre, semble-t’il, que Martine Aubry); idem lors du lancement de campagne à Toulouse. Maintenant les régionales étouffent plus que jamais toute réflexion politique ouverte sur l’Europe. et déjà se profilent les calculs et marchandages pour les cantonales, déjà ils sont 2, 4, ou 6 à tenter de prendre rang pour les Présidentielles; 90% de nos camarades attendront le dernier mois précédant les prochaines élections européennes pour participer à la hâte à quelques réunions afin d’adouber les têtes de liste de ce scrutin
    qui nous place tous, électeurs ou élus, dans une position de parfaite irresponsabilité civique.
    Je cherche un ou une eurosocialiste kamikaze qui accepterait de venir à Albi au cours du second semestre 2010 pour contribuer à(je cite)y “européaniser le débat politique.


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